Avouons-le, présenter Nosfell, artiste Protée-iforme relève du défi. Le titre de son second album "Kälin Bla Lemsnit, Dünfel Labyanit" ("Le chien mord, mais pas le renard"), ne nous aide pas beaucoup. C'est un peu le chat qui se mort la queue! Mais ne nous égarons pas! Nosfell c'est plutôt la recherche de l'osmose entre une langue, le klobobetz, inventée pour tirer la quintessence de cette incroyable palette vocale, entre une irrésistible envie de laisser son corps s'exprimer, et une invitation à découvrir une contrée imaginaire, le Klokochazia, avec ses mythes, ses contes, ses héros. Le tout est enveloppé d'une atmosphère musicale envoûtante ou furieuse, distillée à partir de boucles de ses voix, de guitare, de basse et de violoncelle. Que ce soit en solo, en duo, avec son ébouriffant complice Pierre Le Bourgeois, et maintenant en trio, avec un batteur sur quelques morceaux, les prestations scéniques de Nosfell, relèvent de la performance pure, alliant expérience sonore, visuelle et sensorielle.
Labyala Fela Da Jawid Fel dit Nosfell : chant - guitare / Pierre Le Bourgeois : basse - violoncelle
Originaire de Kocani en Macédoine, cette fanfare, en multipliant les concerts à travers l'Europe, est devenue une véritable référence en matière de musiques balkaniques. Dans la lignée du Taraf de Haidouk et de la fanfare Ciocarlia, le Kocani Orkestar est un gypsy brass band qui mêle traditions folkloriques et métissages musicaux, tout en affirmant son originalité avec une section rythmique puissante (quatre tubas et un redoutable batteur de tapan), une harmonisation de cuivres virtuoses (clarinette, saxophone et trompettes) et un jeune chanteur (Ainur Azizov) aux mélopées entraînantes. Cet ensemble forme un cocktail des plus festifs qui ouvre à la fanfare de nouveaux horizons. Capable d'enchaîner chansons enivrantes et thèmes à cent à l'heure, le Kocani Orkestar vous surprendra par son authenticité et sa musique frénétique et débridée.
"L'autre bout du monde", premier LP d'Emily Loizeau, est un peu la réunion de deux mondes quasiment aux antipodes l'un de l'autre : le folk et la chanson française. D'ailleurs le label parisien Fargo, au catalogue ?américanofolkophile? ne s'y est pas trompé en en faisant sa première artiste française. Formée au piano classique, passée par la mise en scène de théâtre, cette trentenaire espiègle nous livre un album aux textes d'une fraîcheur acidulée oscillant entre tendresse, humour et mélancolie. Mais attention la belle sait aussi être mordante et l'univers des frères Coen n'est jamais loin avec son cortège de dérision et d'absurdité. Pour sortir de son nid, celle-ci a su se mettre sous l'aile protectrice d'Andrew Bird, de Franck Monnet et de Tryo, excusez du peu ! Sur scène, accompagnée d'un violoncelliste / bassiste et d'un batteur, ses prestations ont un petit goût suranné de cabaret, lieux où elle a rôdé son tour de chant.
Urban Poizon, c'est la découverte du festival cette année. Évoluant entre électro, hip hop, raggamuffin et drum 'n bass, ce groupe angevin ne se soucie guère des étiquettes, du moment que l'énergie est là et empoisonne les foules. Issus du milieu rock, c'est en 2005 que les deux MCs, Tomawok et Mister Flow, fondent le groupe. Rejoints par Dj K-ass, Urban Poizon s'emploie depuis lors à développer un hip hop hybride où les textes revendicatifs sont incisifs et sans concession. Urban Poizon a déjà partagé la scène de plusieurs groupes tels Joey Starr, Hilight Tribe, Marcel et son orchestre, Mademoiselle K, Percubaba, FFKK, Pause et bien d'autres encore… Cocktail survitaminé de beats ravageurs allié à une maîtrise de la scène impressionnante, Urban Poizon va mettre le feu aux poudres !!!
Cela fait maintenant plus de vingt ans et au moins autant d'albums qu'Arno nous régale avec cette voix brisée, éraillée, à la Tom Waits, de chansons aux textes touchants, parfois naïfs oscillant entre blues, rock et chanson francophone. Chantant et composant en anglais, français ou néerlandais et même en ostendais sur son dernier album, il marque de son empreinte le Vieux Continent avec d'authentiques tubes tels que "Putain, Putain" ou "Les Yeux de ma mère". Il excelle aussi dans les reprises, toujours très originales, de standards comme "Les Filles du bord de mer" d' Adamo ou "Comme à Ostende" de Léo Ferré. Arno revient aux racines du rock des seventies où guitares et batterie se partagent la vedette dans son dernier opus "Jus de Box". Préférant la scène, où il donne sa pleine mesure, au studio il lui tarde de venir défendre ce dernier album car comme il le dit lui même : "C'est pour ça que j'ai commencé la musique, pas pour rester dans ma cuisine!"
Commande du mythique label de jazz Blue Note, la dernière livraison d'Oxmo Puccino marque un tournant dans la discographie de cet auteur majeur de la scène rap Française. Découvrant le jazz à la fin des années 80 avec l'album "step in the arena" de Gangstarr, Oxmo Puccino, entouré de ses Jazzbastards (Vincent Taurelle aux claviers, Vincent Taeger à la batterie, Marcello Giuliani à la contrebasse et Ludovic Bruni à la guitare), nous livre une histoire en 11 plans, digne des films noirs des années 30-40 et de leurs ambiances jazzy, enfumées et canailles. Dans ce "Lipopette Bar" se croisent une diva disparaissant la veille de sa consécration, un gangster en quête de repentir, un flic véreux et encore bien d'autres personnages… Frustré de la froideur des samples actuels, l'occasion était trop belle pour le Black Mafioso de pouvoir poser ses textes ciselés sur des compositions pleine de musicalité et de groove, distillées par un "backing band" de rêve.
En dix ans d'existence et quatre albums, Mas Hysteria a marqué de son empreinte le métal hexagonal sur disque comme sur scène. Après avoir frôlé le split en 2005 et laissé leurs nombreux fans quelque peu sur leur faim avec deux albums trop soft tant dans le son que dans les textes, Mass hysteria revient aux sources avec ce mélange subtil et atomique de groove, de samples et de guitares acérées. C'est cette somme de détails qui a fait leur succès, notamment avec " contraddiction " en 1999 et que l'on retrouve dans leur dernier opus. Dans " une somme de détails " on redécouvre avec plaisir ces morceaux frôlant avec le métal indus à base de gros riffs de boucles électro de chants scandés et de textes envoyés sans être toujours pesés. Ne vous y méprenez pas, Mass Hysteria ne nous offre pas une resucée pour leurs dix ans. Ils nous promettent juste un show survitaminé, compact, massif et définitivement rock !
On peut reprocher beaucoup de choses aux américains mais certainement pas d'être efficaces et concis. En 1994, ce collectif de musiciens, dont certains ont joué avec les Toasters ou les Skatalites, choisit un nom de scène explicite. Avec le New York Ska Jazz Ensemble tout est dit ou presque. Leur port d'attache, c'est-à-dire la "Grosse Pomme", capitale multiculturelle bouillonnante et ouverte sur le monde aux antipodes de cette Amérique"made in Bush" que l'on essaie de nous vendre. Leurs influences musicales, mix inventif de reggae, rock steady où ils réinterprètent à leur manière et audacieusement ska de grands standards jazz. Leur vision de la vie de groupe, forcément collective, multiraciale et internationale. Depuis deux ans et la sortie de leur 5ème et dernier album ("Skaléidoscope") ils écument les plus grands festivals précédés d'une réputation scénique qui n'est plus à faire. Ces new-yorkais sont des modèles de maîtrise et d'improvisation.
Freddie Reiter : saxophone ténor, flûte, chant / Mark Paquin : trombone, chant / Alberto Tarin : guitare / Earl Appleton : claviers / Chris Weiger : contrebasse électrique / Nana Yao Dinizulu : batterie
Partant du principe que l'on est jamais mieux servi que par soi-même, Dias et HK les 2 MC'S jugeant, non sans ironie, que nos politiciens ne s'occupent pas de nos affaires mais des leurs, ont créer leur propre ministère. Un Ministère des Affaires Populaires qui milite pour une France plus juste, plus égale, plus ouverte. Tiraillés entre leur racine méditerranéenne, leur vie de ch'ti, et leur Culture Hip-Hop c'est sans complexe et sans concession que les deux rappeurs posent leurs lyriks tranchants sur des sonorités orientales, musettes ou tziganes. Accompagnés de Monsieur Hacène au Violon, de Joffrey Arnone à l'accordéon et d'Axiom aux machines, ils font péter les murs, passent par-dessus les barrières, bousculent les habitudes, et réveillent les consciences. MAP réinvente le bal avec ses airs dansants et des textes militants engagés.
Ashka : MC / Dias : MC / Hacène : violon / Jeoffrey : accordéon / Stanko fat : machines sur scène / Axiom : Machines sur l'album
Après plus de 150 concerts à son actif, le groupe X Makeena revient sur le devant de la scène pour nous présenter son dernier album "Instinctive Dérive". Mélange de hip hop, electro, dub et drum'n bass, ce nouvel album apparaît dès lors très aboutit et construit pour vivre bien au-delà de la scène. Car c'est bien là que ce groupe excelle. Fort d'une expérience redoutable, ce groupe a joué aux Vieilles charrues, aux Transmusicales, à Art rock, aux cotés des plus grands tels que Beastie Boys ou encore Asian Dub Foundation, Accompagnés de Karlton, issu du nouveau cirque et des arts de la rue, les prestations du groupe s'articulent autour de structures modulables où évoluent différents personnages rappelant la dualité homme/machine. Une musique puissante et radicale accompagnée d'un véritable show visuel. Un live à ne pas manquer !
Stefo : basse / Nico : machines / Vicking : MC / Says : MC